Pharmacie hospitalière au rabais : le prix de l’attractivité ?

02/04/2025

La FNSIP•BM et l’ensemble de son réseau d’internes désapprouvent fermement la proposition n°3 rédigée par la Fédération de l’Hospitalisation Privée dans sa note de synthèse du 12 mars dernier.

Sonnant comme une énième attaque contre l’exercice de la pharmacie, cette note propose de « permettre une gérance par des pharmaciens non titulaires d’un Diplôme d’Études Spécialisées (DES) pour les pharmacies à usage intérieur sans activité à risque », en faveur d’une prétendue « simplification [fondée] sur la réalité du terrain ».

Malheureusement, les réalités de terrain sont tenaces : les pharmacies d’officine ne sont pas mieux dotées que les pharmacies à usage intérieur. Ce n’est pas en vidant les officines de leurs pharmaciens que nous renforcerons l’attractivité du secteur hospitalier.

La FNSIP•BM s’adresse donc à la FHP : les internes en pharmacie hospitalière vous dérangent-ils ? Quel signal envoie-t-on dans la profession pharmaceutique par des propositions aussi indécentes ?

Pour rappel, le pharmacien hospitalier est riche d’au moins neuf ans d’études post-Baccalauréat, dont quatre ans d’internat minimum succédant à un concours sélectif, permettant d’acquérir une expérience hospitalière sur huit semestres protéiformes, à l’issue duquel le pharmacien est titulaire d’un DES, nécessaire à la pratique de l’exercice en PUI. Aucune formation n’est équivalente pour atteindre ce niveau de qualification.

L’internat de pharmacie forme des experts du médicament, de la chimiothérapie à la radiopharmacie, de l’infectiologie à la pharmacologie pédiatrique, du dispositif médical à la stérilisation. Bien loin d’un exercice décrit comme simple et simpliste de la pharmacie.

Le pharmacien d’officine est quant à lui formé au cours de ses six ans d’études à l’exercice officinal et est le professionnel de santé de premier recours de la population, bien plus qu’une variable d’ajustement d’un système privé.

Ne bradons pas l’exercice de la pharmacie au seul motif de la rentabilité, au détriment des patients. L’excellence dans la qualité des soins de nos patients hospitalisés, reconnue au niveau national et international, a un prix : celui d’une formation longue, complexe et qualifiante.

Pour la FNSIP•BM,