Filière : Pharmacie Hospitalière – PIBM

Occasion : 8e semestre

Type : Stage en agence

Terrain d’accueil : Commission Européenne

Peux-tu nous présenter ton parcours ?

Après mes quatre premiers semestres qui ont couvert l’ensemble des domaines de la pharmacie hospitalière (dont la pharmacie clinique aux Hôpitaux Universitaires de Genève), je me suis orienté vers l’option PIBM afin de travailler dans les politiques de santé et l’économie de la santé. J’ai effectué mon 5e semestre chez Lilly France au Département Prix, Remboursement et Accès au Marché, puis ma thèse en économie de la santé au sein de la DRCI du CHU de Lille avant de faire mon 7e semestre au siège monde de Sanofi-Pasteur à Lyon en médico-économie. J’ai donc terminé mon internat par un semestre à la Direction Santé de la Commission Européenne.

Pourquoi as-tu décidé de partir à l’étranger ?

J’ai toujours aimé les langues et été intéressé par les politiques internationales. Mon envie de partir à l’étranger était donc naturelle. Dans le cadre de mon projet professionnel, une expérience à l’étranger à un niveau européen a pris son sens suite aux travaux que j’ai effectués lors de mon semestre au siège monde de Sanofi-Pasteur. Un nouveau règlement européen visant à harmoniser les règles d’évaluation des produits de santé entre les Etats Membres était en cours de discussion au sein des institutions européennes et l’occasion de travailler avec l’équipe en charge de la rédaction et des tractations autour de ce texte était excellente.

Comment as-tu trouvé ce stage ? Peux-tu expliquer les démarches administratives que tu as effectué ?

J’ai trouvé ce stage grâce à la FNSIP-BM qui a diffusé une offre de stage émanant de la DG Santé de la Commission Européenne. J’ai fait les démarches classiques d’un inter-CHU à l’étranger. Tout d’abord j’ai envoyé ma candidature (CV, lettre de motivation) aux fonctionnaires européens qui ont publié l’offre de stage. J’ai passé un entretien téléphonique avec les responsables. Cela s’est bien passé et ma candidature a été retenue. J’ai également eu la chance de rencontrer peu de temps après au congrès de l’ISPOR à Barcelone une de mes cheffes, ce qui a permis de conforter les ressentis positifs de l’entretien d’embauche. Après avoir obtenu les accords administratifs côté Commission Européenne et reçu la fiche de poste, j’ai motivé ma demande auprès de mon coordonnateur pédagogique qui m’a donné son accord. J’ai ensuite obtenu l’accord du Doyen de la faculté, qui n’est qu’une formalité administrative une fois que le coordonnateur a donné son accord. Une fois mon dossier interCHU constitué, ma demande a été étudiée et validée en Commission interCHU.

Comment as-tu été accueilli lors de ce stage ?

J’ai été très bien accueilli. La Commission Européenne accueille de nombreux stagiaires et jeunes professionnels de tous les profils et de toutes les nationalités. Il y a une très grande ouverture d’esprit et le sentiment d’appartenir à une grande communauté. Différents cercles d’amis se créent et se croisent entre les jeunes stagiaires, les français, les professionnels de santé…

Peux-tu nous raconter une journée type, tes principales missions, ton projet ?

Il n’y avait pas vraiment de journée type. Nous allions de réunions en réunions au sein de la Commission, mais surtout en dehors (Parlement, Conseil, sièges d’association de patients ou d’industries…) afin de présenter et défendre la proposition de règlement européen que notre bureau rédigeait. C’était très dynamique. Il fallait sans cesse se renseigner sur l’identité et les positions des parties prenantes que nous rencontrions, préparer des éléments de langage, rédiger des compte-rendus… Les réunions étaient enrichissantes car il nous fallait comprendre les intérêts de nos interlocuteurs…). J’ai par exemple été chargé d’expliquer le fonctionnement du système d’évaluation des produits de santé en France (circuit ANSM, HAS, Ministère, CEPS, hôpitaux…) afin de mieux comprendre la position de la France vis-à-vis du texte et d’identifier les personnes-clés avec qui rencontrer en contact.

Comment est la vie à l’étranger ? As-tu une anecdote à raconter sur ton séjour au Canada ?

La vie à Bruxelles est très agréable. C’est la capitale de l’Europe mais elle reste à taille humaine et très verte. Tous les jeudis soirs, tout cette “bulle bruxelloise” travaillant dans les institutions européennes se retrouve sur la Place du Luxembourg (“P-Lux”) pour échanger autour d’une bière et d’une frite jusqu’au bout de la nuit. C’est une ville cosmopolite où on ressent que des choses importantes s’y passent. J’ai pas mal d’anecdotes sur mon séjour. J’y étais au moment de l’élection de la nouvelle Présidente de la Commission Européenne, Ursula Von Der Leyen, moment d’intenses tractations et de messes-basses. On découvre la vision que renvoie les personnalités politiques françaises. De même quand tous les chefs d’Etat viennent échanger et négocier au Conseil de l’Union, toute la ville est barricadée et donne une atmosphère particulière. Et enfin, voir Angela Merkel faire la queue à la meilleure baraque à frites de Bruxelles…

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui souhaitent partir un semestre ou plus à l’étranger ?

De créer l’opportunité et de se donner tous les moyens pour y aller. Il ne faut pas avoir peur de se couper 6 mois de son cercle de connaissances en France, car cela crée ensuite une plus-value incroyable dans son parcours professionnel. Je n’imaginais pas toutes les portes que mon expérience à l’international allait m’ouvrir. Et bien sûr, je ne parle même pas de l’expérience humaine et personnelle que cela apporte et qui est encore plus enrichissante.